Vendredi soir, la météo annonce donc tempête sur Sydney, pluie et orage violent. A 17h je vais donc récupérer la voiture, vais charger les affaires à l’appartement et quand Gaëlle arrive du travail, nous sommes enfin prêts à partir. La voiture est très difficile à conduire, l’embrayage patine beaucoup, la direction très dure et surtout… Elle se conduit à droite ! Logique puisqu’ici on roule à gauche… Mais vraiment pas évident de s’y habituer, surtout lorsqu’on attaque directement par conduire dans une énorme ville comme Sydney ! La pluie commence donc à tomber et on s’éloigne du centre-ville par le tunnel sous le bras de mer. Après 30mn de route, on sort complètement de Sydney et son agglomération, et l’orage tombe enfin. Des trombes d’eau, la voiture tient très difficilement la route et les essuie-glaces ne marchent qu’en position 1. Je ne dépasse donc pas les 40Km/h sur l’autoroute (prudent hein !). Après 2h de déluge, la pluie se calme, et la position 1 devient suffisante pour rouler à 80Km/h. Brève halte dans station-service, le temps de découvrir que le climat devient vraiment tropical (10h du soir, il fait 30°C dehors, très très humide, beaucoup de moustiques !), et nous revoilà partis. Le plan initial était de dormir « à l’arrache », sur la plage ou dans une forêt en fermant bien la moustiquaire… Et puis en se rapprochant de Port Stephens, la forêt devient tropicale, et pour le peu qu’on puisse voir dans le noir, nous paraît bien inhospitalière… On s’apprêtait quand même à camper à la plage, quand on aperçoit un petit panneau avec le symbole d’une tente. D’un commun accord, on abandonne l’idée de camper dans la forêt pour cette nuit et se dirige vers cette aire de camping. La route est longue, environ 4km plein de nids de poules, sans panneaux ni indication, souvent même sans goudron… On arrive enfin à une petite cabane : l’entrée du camping. A 23h on en réveille donc le gardien, payons les droit d’entrée et allons se poser dans ce qui nous semble être un coin d’herbe. On visite rapidement le camping à pied, de nuit. Le temps de voir deux koalas dans un arbre qui nous regardent calmement, le temps de s’assoir sur le ponton face à la mer et entendre un peu plus loin ce qui nous semble être des dauphinss… Retour au campement, montage de tente sous les dizaines de moustiques assoiffés de sang à la lumière des phares, fermeture de moustiquaire et dodo !
Le lendemain, je suis réveillé à l’aube par les perroquets et tout en tas d’autres cris qu’on n’entend que dans les reportages animaliers en Amazonie. Je sors et découvre notre camping… Nous avons planté notre tente à la lisière d’une jungle épaisse (pourtant aventurier, je ne m’y suis vraiment pas risqué !). Je découvre aussi l’immense baie en face de nous : Nelson Bay. Dans ce bras de mer vivent 150 dauphins que l’on entendait hier soir. (Vous saviez que les dauphins sont des mammifères, ils ont donc besoin de remonter à la surface pour respirer toutes les 20mn. Pour dormir ils font donc dormir alternativement leurs cerveaux gauches et droits. L’autre moitié de cerveau restant éveillée pour penser à remonter à la surface respirer…). Des dizaines de perroquets de toutes les couleurs volent de branches en branches en se pendant la tête à l’envers. Il est 8h30 et il fait déjà chaud, très chaud et très humide. C’est un paysage vraiment incroyable que je n’ai jamais vu de ma vie, avec des animaux et des plantes que je n’ai jamais vus, on est vraiment près des tropiques… On prépare nos affaires pour aller à Anna bay, juste le temps pour nous d’apercevoir les fourmis rouges locales… Des fourmis grosses comme mon pouce avec des mandibules énormément qui, si elles vous mordent, vous font vous rouler par terre pendant une bonne demi-heure (selon notre voisin de campement Australien qui a pourtant l’air d’un sacré gaillard de la campagne…).
On reprend la voiture, les gourdes remplies pour aller à Anna Bay, la plus grande dune d’Australie (environ 60Km de long). Arrivé sur place nous voilà de nouveau comme des enfants, émerveillés par tant de sable ! Du sable à perte de vue, des immenses dunes, quelques 4x4 et motos qui ont l’air de bien s’amuser au milieu de ces dunes, de l’eau transparente, des vagues et quelques surfeurs… On se lance dans une escapade dans le désert pour marcher un peu et s’amuser dans les dunes. Sous plus de 33°C, on ne fait pas les malins et à peine la plage en vue, nous voilà tartinés de crème prêt à aller tâter du rouleau ! Sacré rouleau d’ailleurs, du genre à nous faire décoller et à nous trainer sous l’eau sur plusieurs dizaines de mètres. Mais quand on arrive à bien prendre la vague (en se lançant à plat ventre face à la plage juste avant le rouleau), on peut se faire porter au sommet de la vague sur une bonne distance ! On mange quelques fruits de mer pour une poignée de dollars au Surf Shop du coin, face à la mer et on repart un peu plus loin à One mile beach, une très jolie plage en demi-lune avec du sable blanc. De retour au camping, la copilote décide de mettre le laisser passer pour ouvrir le portail du camping dans un trou au-dessus de l’allume-cigare… Il nous faut donc la récupérer alors qu’elle se balade quelque part dans le moteur. 10 minutes plus tard, j’ai l’idée d’attacher un caillou à un bout de ficelle, de mettre de la glue sur ce bout de ficelle, de laisser tomber le caillou dans le trou, d’attendre 10mn le temps que la colle sèche, puis de tirer sur la ficelle pour récupérer le laisser passer…
Le dimanche matin, nouvelle journée à la plage, surf, rando, et photos. Retour dimanche après-midi dans notre taco, la tête bien remplie et les jambes bien cassées ! (Et le dos aussi, puisqu’on n’avait pas de matelas et qu’on a dormi directement par terre…).
Après avoir vu les maxi fourmis rouges mangeuses d’orteils et entendu parlé des araignées et serpents mortels qui fourmillaient dans la jungle, je comprends enfin pourquoi les Australiens marchent pieds nus en ville. Ça doit leur sembler tellement propre et sécurisé par rapport à la jungle !
Prochain voyage : Camping dans les blue Mountains au sud de Sydney. Maintenant qu’on a la tente, on n’a plus qu’à payer le bus : 5€, et aller se faire une rando de deux jours dans les montagnes ! Je vous tiens au courant :)
P.S. : Allez voir les photos, ça vaut vraiment le coup. C’est par ici !
